Soukot 

À l'ombre de la Foi

L'ombre plutôt que le soleil

Toute l'année, nous cherchons la lumière du jour : être vus, reconnus, exposés.
Et voici que la Halakha pose une condition étrange : le toit de la Soukka, le Skhakh, doit donner plus d'ombre que de soleil.


Le Zohar nomme la Soukka Tsila de-Meheimnouta — l'Ombre de la Foi.
Il existe une Lumière trop grande pour être regardée en face, une Lumière qui ne se voit pas mais qui enveloppe : le Or Makif, la Lumière englobante.
On ne la saisit pas. On s'assoit dessous.

 

Le Ciel et la Terre sous un même toit

91 

Soukka : Samekh, Vav, Kaf, Hé. 60 + 6 + 20 + 5 = 91


91, c'est Havaya (26), le Nom de la transcendance, uni à Adnout (65), le Nom de la royauté dans le monde.
91, c'est aussi Amen.
La Soukka est le lieu où l'Infini accepte d'habiter le fini, où le Ciel dit Amen à la terre.
Quelques planches et des branchages suffisent pour que les deux Noms se rejoignent.

 

Le retour des Nuées

Nos Sages enseignent que les cabanes du désert étaient les Nuées de Gloire, les Ananei haKavod.
Pourquoi alors fêter Soukot en Tichri, et non au printemps de la sortie d'Égypte ?
Le Gaon de Vilna répond : après la faute du Veau d'or, les Nuées s'étaient retirées. Elles sont revenues quand le pardon fut scellé, le jour de Kippour, et la construction du Michkan commença peu après.
Soukot n'est donc pas la fête de la protection. C'est la fête du retour de la Présence après la chute.
La Téchouva acceptée prend la forme d'une maison.

 

Le corps devenu Loulav

Le Midrach le dit : le Loulav est la colonne vertébrale, l'Etrog le cœur, le Hadas les yeux, la Arava les lèvres.
Tenir les quatre espèces ensemble, c'est rassembler l'homme dispersé,
redresser l'échine devant l'Unique,
réconcilier le cœur avec le regard,
et poser sur les lèvres une parole qui ne blesse pas.
L'unité du peuple commence par l'unité de l'être.

 

Les Ouchpizin — sept Lumières à la porte

Chaque soir, un invité céleste entre dans la Soukka :


Abraham,  Hessed, l'Amour qui déborde.
Yits'hak, Guevoura, la Limite qui protège.
Yaacov, Tiferet, l'Harmonie qui réconcilie.
Moché, Netsa'h, la Victoire qui persévère.
Aharon, Hod, la Gratitude qui s'incline.
Yossef, Yessod, le Fondement qui relie.
David, Malkhout, la Royauté qui reçoit tout.


Sept jours, sept attributs : la Soukka devient une échelle intérieure.
Mais l'invité céleste n'entre que si le pauvre est déjà assis à table.

 

Zman Sim'hatenou — La Joie comme réceptacle

Après la rigueur des Jours Redoutables vient la Joie.
Ce n'est pas une récompense, c'est un Kli, un réceptacle.
La tristesse referme, la joie élargit.
Seul un cœur ouvert peut contenir ce qui a été scellé à Kippour.

 

Habiter l'Ombre

Soukot nous apprend à ne plus avoir peur de l'ombre.
Car l'ombre de la Foi n'est pas l'absence de Lumière,
c'est la Lumière devenue assez douce pour qu'on puisse y vivre.

Hag Saméa'h.