Le Septième Temps

Dans la Paracha de Mishpatim, le serviteur hébreu travaille six années et sort libre la septième. Le Zohar y voit plus qu’une loi sociale : Il y lit le langage secret des âmes.

L’âme aussi peut être « asservie » à des dettes intérieures, à des nœuds non réparés, à des histoires inachevées. Et tant que le Tikkoun, n’est pas accompli, elle revient, elle tourne, elle se réincarne.

Les Maîtres de la Kabbale parlent de Gilgoul HaNeshama, la rotation de l’âme à travers plusieurs vies. Non comme une punition, mais comme une pédagogie de la liberté. L’âme revient pour libérer ce qui est resté captif en elle : une étincelle, une relation, une vérité non incarnée. Certains textes évoquent trois grands retours, d’autres sept cycles fondamentaux, d’autres encore la plénitude de dix passages. Mais le Zohar et le Ari convergent sur l’essentiel : le nombre importe moins que la maturation. L’âme revient tant qu’un point de vérité n’a pas trouvé sa forme juste dans le monde.

Les six temps de l’effort correspondent aux six degrés de l’âme au travail dans le monde. Le septième temps est d’une autre nature : ce n’est plus seulement réparer, mais se tenir libre dans ce qui a été réparé. Comme le Shabbat qui ne produit rien mais révèle le sens de tout ce qui a été produit, la « septième sortie » est l’image d’une libération du cycle de répétition.

Ainsi, la Réincarnation n’est pas un cercle fermé, mais une spirale de Conscience.

Mishpatim ne parle pas seulement de justice sociale : Ce Shabbat nous parle du moment où l’âme peut cesser de servir ce qu’elle n’est pas, pour commencer à habiter ce qu’elle est.

On ne sort pas de l’esclavage en changeant de vie, mais en cessant de répéter la même histoire sous d’autres visages.