SHEMOT

« Un nouveau roi s’éleva sur l’Égypte, qui ne connaissait pas Yossef. »


Ce verset ne parle pas du passé. Il parle de maintenant.


Pharaon n’est pas seulement un tyran ancien. Il est le système, extérieur et intérieur, qui refuse de reconnaître le point le plus intime de l’être : Yossef, la Néchama, l’étincelle divine en chacun.


Ne pas connaître Yossef, c’est faire comme si l’homme n’était qu’une fonction, un rôle, un numéro. C’est ignorer volontairement sa singularité sacrée.


Le travail de l’exil commence là : Te faire oublier qui tu es.


Changer ton nom, lisser ta différence, t’apprendre à entrer dans le moule. Non par la violence directe, mais par l’habitude, la norme, la culpabilité.


Yossef, lui, ne disparaît pas. Même en prison, il dit : « Ani Yossef ».
Je suis plus que ce que vous voyez. Je suis relié.


La sortie d’Égypte commence quand l’homme refuse d’être seulement « quelqu’un comme tout le monde ».
Il peut travailler, vivre dans le monde, respecter les règles — mais intérieurement, il se doit de rester Yossef.


Pour garder ce point vivant, il faut une nourriture subtile :


La connexion au Tsadik, à la parole vivante, à la prière personnelle, à la Hitbodedout.


C’est ce lien qui empêche l’âme de s’asphyxier.
Et l’arme la plus puissante n’est pas la lutte, mais le chant.
Azamra — Chercher le point de bien, encore et encore.


Refuser la critique, surtout envers soi-même.
Devenir, comme disait Rabbi Nahman de Breslev, un extrémiste du bien.
Car le mal se nourrit du regard qu’on lui porte.
Le bien, lui, grandit dès qu’on le nomme.
La joie sans raison n’est pas une naïveté.
C’est la preuve que Yossef est vivant, même en exil.
Pharaon te montre tes défauts pour t’asservir.


La Liberté commence quand tu choisis de ne voir que le bien.