
DE L'UTILITÉ DES MONTÉES ET DES DESCENTES
Pourquoi ce mouvement de hauts et de bas ?
La conscience ne se développe jamais en ligne droite.
Dans la Kabbale comme dans l’expérience humaine la plus simple, la vie avance par un rythme fondamental :
Révélation → Retrait → Quête → Nouvelle Révélation.
Les Maîtres l’ont formulé clairement :
ירידה לצורך עליה
La descente est en vue de la montée
Sans le manque, le désir s’éteint.
Sans obscurité, la Lumière n’est pas perçue.
Sans chute, l’humilité ne naît pas.
Les ''Breslevers'' ont l'habitude de dire : « S’il n’y avait pas de chutes, l’homme se prendrait pour Dieu ». Ce n’est pas une punition. C’est une pédagogie de l’âme.
Le Chemin Spirituel doit il être inconfortable?
Oui — s’il est vrai. Le confort stabilise l’ego. La Spiritualité authentique le fissure.
Le Zohar l’énonce sans détour : La Lumière suprême ne réside que dans un cœur brisé. Non pas brisé au sens pathologique, mais désarmé, non blindé, non défendu. Le monde intérieur doit devenir poreux pour que la Lumière circule.
Les Tsadikim ne sont-ils jamais reconnus ?
Presque toujours. Regardez les archétypes :
Joseph est vendu par ses frères.
Moïse est rejeté par son peuple.
Jérémie prêche seul, incompris.
Job est juste… et broyé.
Parce que la Lumière dérange les structures établies.
Le Tsadik révèle ce que le monde préfère ignorer. La reconnaissance vient parfois après la mort, parfois jamais, parfois seulement dans les mondes supérieurs. Et pourtant, c’est précisément ce non-retour narcissique qui purifie l’intention.
La souffrance est-elle obligatoire ?
La souffrance n’est pas recherchée, mais le Réel ne se laisse pas traverser sans friction.
Il existe deux types de douleurs :
La douleur de résistance (inutile, stérile) et la douleur d’enfantement (créatrice). La voie spirituelle n’exige pas la souffrance, elle exige la Vérité. Et la Vérité, dans un monde fracturé, fait mal.
Existe-t-il une voie douce ?
Oui… mais elle est rare et fragile. C’est la voie de la gratitude profonde, de l’intégration lente, de l’écoute radicale, de l’Acceptation du Réel tel qu’il est.
Mais même cette voie n’est pas confortable : Elle demande une présence totale, sans fuite. La douceur véritable n’est pas mollesse, c’est une force sans violence.
“Bienheureux les jouisseurs” ?
Ils sont heureux tant que la question du sens ne les visite pas.
Le plaisir comble le corps. Il ne nourrit pas l’âme. Quand le plaisir devient finalité, le vide arrive, tôt ou tard.
Le Baal Shem Tov enseignait qu'il n’y avait rien de plus triste qu’une vie sans question.
Et nous? Nous posons nous la question?...
Alors pourquoi continuer ?
Parce que malgré les chutes, malgré la fatigue, malgré l’époque folle, il y a ces moments rares, silencieux, sans mise en scène où Tout s’aligne.
Un instant de Vérité
Une Prière sincère
Un Regard juste
Une Paix sans raison
Et cela, aucun confort ne peut l’acheter
Ne cherche pas une voie sans descentes.
Elle n’existe pas.
Cherche une Présence
qui permet de descendre sans se perdre.
Le confort promet la paix.
La Vérité la donne, parfois brièvement,
mais Réellement.
Le Chemin Spirituel n’est pas là pour nous rendre confortables, Il est là pour nous rendre réels.
Méditation
La voie qui passe par les descentes
Ferme les yeux un instant
Ne cherche rien
Ne corrige rien
Respire…
Accepte le point exact où tu te trouves
Tu n’es pas en retard
Tu n’as pas raté le chemin
Tu es sur le chemin
Dis intérieurement, sans effort :
Je ne comprends pas,
Je reste.
Je ne maîtrise pas,
Je respire.
Je ne vois pas la Lumière,
Je n’en conclus pas qu’elle a disparu.
La Lumière la plus fidèle n’est pas celle qui éclaire tout, mais celle qui ne s’éteint pas quand tout devient obscur...