Les Poissons : L'exception au quotidien
♓ Poissons (Dagim) : Survivre aux Scorpions et Renaître au Printemps
Il faut bien le dire : Pour supporter des Scorpions, il faut être du signe des Poissons.
Et pas n’importe quel Poisson : Un Poisson avec de la profondeur, de l’ampleur, capable de nager dans les eaux troubles sans perdre son cap intérieur.
Je parle en connaissance de cause : Je pratique le Poisson, et ma femme pratique le Scorpion depuis... ''Quand on aime on ne compte pas''! Autant dire que j’ai développé une certaine expertise en nage en eaux émotionnelles profondes.
Le mois des Poissons – Dagim en hébreu – n’est pas un mois comme les autres.
C’est la fin du cycle annuel, la Malchout de l’année, le point où tout ce qui a été vécu, tenté, raté, espéré, vient se déposer. C’est un mois de clôture, mais aussi un mois d’une immense fécondité intérieure. Comme la mer en hiver : En surface, tout semble calme, parfois même un peu sombre, en profondeur, la vie se prépare intensément.
Sur le plan kabbalistique, le Mazal des Poissons est relié à Jupiter – Tsedek, la planète de l’expansion, de la bonté, de la justice. Ce n’est pas anodin : A la fin de l’année, quand on pourrait être tenté de se juger durement, de faire la liste de ses manques, l’énergie de Tsedek vient rappeler que la vie ne se réduit pas à un bilan comptable. Il y a dans ce mois une invitation à la compassion envers soi-même, à la bienveillance envers son propre chemin.
Les lettres associées à cette période sont elles aussi parlantes.
La lettre ג (Gimel), liée à Tsedek/Jupiter, évoque le mouvement de donner, de faire passer l’abondance d’un côté à l’autre. La lettre ק (Kouf), reliée au signe des Poissons, plonge plus bas, dans les zones ambiguës, confuses, parfois un peu chaotiques de l’existence. Ensemble, elles racontent quelque chose de très humain : La capacité de descendre dans ses eaux intérieures sans s’y noyer, et d’en remonter avec un peu plus de justesse, un peu plus de cœur.
Roch Hodech, la nouvelle lune des Poissons est aussi un moment charnière dans le grand cycle du temps.
Nous arrivons à la fin de l’année astrologique hébraïque, juste avant Nissan, le mois du Printemps – Aviv en hébreu, « Père des douze mois », premier des mois. AV (PERE) des YOD BETH Yod (10) + Beth (2) : 12 Le cycle complet des tribus, des mois, des mouvements de l’âme.
Ce passage marque le Nouvel An des mois, différent de Roch Hashana qui est le Nouvel An des années. Il y a plusieurs commencements dans la Tradition : Preuve que la vie ne se contente pas d’un seul départ, mais nous offre des renaissances successives.
Et pendant que le calendrier hébraïque s’apprête à entrer dans le printemps, le calendrier chinois lui aussi célèbre un renouveau. Comme si différentes sagesses se donnaient rendez-vous pour dire la même chose :
« Ce qui s’achève n’est pas une fin, c’est une gestation prête à naitre »
Alors oui, le Poisson est parfois jugé trop sensible, trop émotif, trop flottant.
Mais c’est justement cette capacité à flotter qui permet de ne pas sombrer quand les eaux deviennent agitées. Et c’est peut-être pour cela qu’il faut un Poisson pour supporter un Scorpion : l’un pique, l’autre absorbe, dilue, transforme. Alchimie relationnelle subtile, parfois sportive, souvent initiatique.
En ce Roch Hodech des Poissons, chacun est invité à devenir un peu plus Poisson en lui-même : Apprendre à nager dans ses émotions, à accueillir ses zones floues, à faire confiance aux courants invisibles qui mènent vers un nouveau printemps.
Que ce mois soit pour nous tous un bain de douceur, un bain de sens, et un passage intérieur vers un renouveau plus vivant.