Passer au contenu principal

Deux Parachiot, une question : Qui sommes-nous ?
Cette année encore, un phénomène singulier nous accompagne : en Israël, nous lisons Koraḥ, tandis qu'en Galout nousdemeurons encore dans Chlaḥ Lekha, comme si la Providence voulait nous enseigner qu'il ne s'agit pas de deux parachiot distinctes, mais d'un seul et même enseignement.
Car, au fond, les deux posent la même question
Qui sommesnous ?
C H L A Ḥ L E K H A
Ne te vois pas comme une sauterelle
Les explorateurs voient la Terre promise, mais ils ne voient plus leur propre grandeur.
« Nous étions à nos yeux comme des sauterelles. »
La véritable catastrophe n'est pas la présence des géants. La catastrophe est intérieure. On peut recevoir une promesse divine et rester incapable de la vivre, simplement parce que l'on se croit trop petit.
Entrer en Eretz Israël, ce n'est pas seulement entrer dans un pays, c'est accepter de faire descendre le ciel sur la terre, c'est accepter une Sainteté incarnée, une Sainteté qui se vit dans la famille, dans l'économie, dans l'armée, dans la justice, dans les conflits et dans l'histoire.
Beaucoup d'âmes aiment Léa et craignent Rachel. Léa représente le monde intérieur, caché, spirituel. Rachel représente la Mal'hout, la royauté, la Présence divine qui accepte de descendre dans la réalité concrète.
Il est plus facile d'aimer le ciel que d'assumer la terre. Mais le projet d'Israël c'est précisément d'unir les deux.
KO R A Ḥ
Ne cherche pas à devenir quelqu'un d'autre
Koraḥ est un Lévi. Sa place est immense, mais elle ne lui suffit pas. Il veut être Cohen. Et c'est là son drame.
Toute la tragédie de Koraḥ vient d'un refus de son identité. Il ne comprend pas que la perfection du monde ne réside pas dans l'uniformité, mais dans l'harmonie.
Le Cohen n'est pas le Lévi. La droite n'est pas la gauche. Le soleil n'est pas la lune. Lorsque chacun veut devenir l'autre, le monde perd son équilibre. Alors la terre les engloutit. Comme pour rappeler :
« Accepte ta place, et tu découvriras l'infini. »
E N T R E L E S D E U X PA R AC H I OT
Recevoir son identité
Il y a deux erreurs fondamentales : se croire trop petit, ou vouloir être quelqu'un d'autre.
Et entre ces deux égarements se tient le secret d'Israël ..
ACCEPTER D'ÊTRE Y E H O U D I
Une porte vers le Nom divin
Le mot Yehoudi vient de Yehoudah. Dans Yehoudah se trouvent les quatre lettres du Nom divin, auxquelles s'ajoute une lettre :
י ה ו ה
ד
Dalet. La Délet. La porte.
Ainsi, le Yehoudi est celui qui porte le Nom de Dieu au sein du monde. Il est la porte. Le passage. Le témoin. Celui qui rappelle que le monde n'est pas fermé sur lui-même.
Même lorsque certains prononcent «sale Juif» comme une insulte, ils ignorent qu'ils désignent, sans le savoir, celui qui porte la possibilité d'une ouverture vers l'Infini.
L E S E C R E T D E H O D
Trois dimensions,
Trois mots
Dans Yehoudah se cache également la Sefira de Hod possédant trois dimensions, qui résument à elles seules nos deux parachiot :
Humilité
Reconnaître sa place. Ne te vois pas comme une sauterelle.
Identité
Ne cherche pas à devenir quelqu'un d'autre.
Gratitude
Savoir dire merci.
Remercie pour la mission qui est la tienne.
Chlaḥ Lekha nous avertit : ne te crois pas trop petit. Et Koraḥ nous avertit : ne cherche pas à être un autre.
Entre ces deux erreurs se trouve toute la vocation d'Israël : relier le ciel et la terre.
Passer de Léa à Rachel.
Faire descendre la Présence divine dans l'histoire. Être un peuple, une terre, une royauté et pas seulement une spiritualité.
Être Yehoudi, ce n'est ni dominer le monde ni fuir le monde.
C'est devenir une porte.
Une porte humble.
Une porte qui remercie.
Une porte qui laisse passer la Lumière.
Ne pas être une sauterelle.
Ne pas être Koraḥ.
Mais devenir pleinement celui
qu'Hachem nous appelle à être.
Alors le ciel embrasse la terre, et
la Présence divine trouve enfin une
Demeure parmi les hommes.
N A H M A N I A · C H L A Ḥ
L E K H A — KO R A Ḥ