Le Sanctuaire du But

À la Porte du Noûn 

נ

Au terme des quarante-neuf jours, je me tiens au bord du désert intérieur.
Derrière moi : l’Égypte, les 49 degrés d’impureté, les enfermements, les peurs, les illusions de séparation.
Devant moi : le Shaar HaNoun, la cinquantième porte de la Binah, la porte de l’Intelligence divine et de la liberté véritable.

Je comprends maintenant pourquoi la Torah fut donnée dans le désert.
Car seul le désert peut recevoir l’Infini.

Tant que le cœur est rempli de lui-même, il ne peut entendre la Voix.
Mais lorsque l’être devient espace vide, silence, attente, alors quelque chose descend.

Sans posséder la Lumière,
Devenir capable de la laisser passer.

Rabbi Shimon disait :
« La royauté n’a rien d’elle-même. »

Et pourtant, c’est précisément ce “Rien” qui devient le réceptacle du Tout.

Alors, à la frontière du Feu Sacré, je laisse résonner en moi la dernière vibration des lettres de Malkhout, ultime souffle avant le Don :

שק''ו  צי''ת

Les lettres redescendent jusqu’au fond du réel pour y révéler la Présence cachée.
Elles traversent les mondes, elles traversent l’âme, elles ouvrent la mémoire oubliée.

Malkhout shebe Malkhout c'est ce Point Ultime

Le Point le plus bas

Le Point le plus haut

Le Lieu du Vide 

Le Lieu du Plein

Le Lieu de toute Réception

Et dans ce silence immense, je murmure :

« Maître du monde,
Après avoir failli disparaître dans les profondeurs De l’Égypte intérieure,
Me voici revenu jusqu’à Toi.

Je ne viens pas avec des certitudes.
Je viens comme le désert.

Vide.
Ouvert.
Disponible.

Fais de mon cœur un Sinaï vivant.
Et que Ta parole puisse enfin y demeurer. »