Veille de Pessa’h
Le monde en guerre
La question que personne n’ose poser
À la veille de Pessa’h, alors que nous nous apprêtons à raconter la sortie d’Égypte — la naissance d’un peuple libre — le monde semble replonger dans ses chaînes les plus anciennes.
Israël est en guerre.
Les tensions entre les États-Unis et l’Iran menacent d’embraser davantage encore la planète.
Partout, des foyers de conflits, de fractures, de haine.
Et une question s’impose. Une question ancienne, brûlante, incontournable :
Pourquoi la guerre ?
Freud, Einstein… Et l’échec de la réponse
En 1932, à la veille de ce que l’on n’appelait pas encore la Seconde Guerre mondiale, Albert Einstein écrit à Sigmund Freud : “Existe-t-il un moyen de libérer les hommes de la fatalité de la guerre ?” Freud répond avec lucidité… et désespoir. Il parle des pulsions de mort, de l’agressivité inhérente à l’homme.
Il explique, mais il ne sauve pas.
Et l’Histoire a tranché : Quelques années plus tard, le monde sombrait dans l’horreur.
La pensée humaine, seule, ne suffit pas à arrêter la guerre.
Sortir d’Égypte… ou sortir de l’illusion
Pessa’h n’est pas seulement un souvenir.
C’est une clé.
L’Égypte — Mitsraïm — signifie l’étroitesse, l’enfermement.
Sortir d’Égypte, c’est sortir d’une vision fausse du monde. Et peut-être que la plus grande illusion aujourd’hui est celle-ci :
Croire que la paix peut être construite sans vérité.
Le nœud du problème : Yossef non reconnu
Dans la Torah, tout bascule autour d’un moment précis :
Les frères ne reconnaissent pas Yossef.
Yossef est là.
Yossef est vivant.
Yossef est juste.
Mais il est rejeté, nié, incompris.
Et tant qu’il n’est pas reconnu, il y a :
Jalousie
Separation
Famine
Souffrance
Mais au moment où les frères disent :
“Nous sommes coupables… Alors tout change.
La réparation commence. La vie revient.
Le monde aujourd’hui
Une répétition exacte
Ce qui s’est joué entre les frères de Yossef se rejoue à l’échelle planétaire.
Israël est au centre.
Non pas comme une puissance politique parmi d’autres.
Mais comme porteur d’une fonction spirituelle.
Une responsabilité. Une mission. Une place.
Et le monde refuse de le reconnaître.
Comme les frères face à Yossef, les nations disent :
“Ce n’est pas toi.”
“Tu n’as pas cette place.”
“Tu es comme nous.”
Mais Israël n’est pas “comme les autres”.
Non pas en supériorité — mais en responsabilité.
Pourquoi il ne peut pas y avoir de paix
On organise des conférences.
On signe des accords.
On multiplie les discours.
Mais tant que la racine n’est pas touchée, rien ne tient.
Il ne peut pas y avoir de paix tant que :
Israël n’est pas reconnu et ne se reconnaît pas lui-même dans sa fonction spirituelle
La dimension divine de son existence est niée
Le rôle de Yossef — le Juste — est refusé
Car la paix (Shalom) vient de la justesse, de l’alignement.
Sans vérité, il n’y a que des trêves temporaires.
Une parole dérangeante mais nécessaire
Il faut le dire clairement :
Aucune conférence internationale,
aucun sommet européen,
aucun discours politique —
qu’il vienne de dirigeants comme Emmanuel Macron ou d’autres —
ne pourra instaurer la paix tant que la racine spirituelle du conflit est ignorée.
Ce n’est pas une question de diplomatie.
C’est une question de reconnaissance ontologique.
Pessa’h - La Sortie
Commence par la Re-Co-Naissance
La délivrance commence toujours par un regard juste.
Les frères doivent reconnaître Yossef.
Le monde doit reconnaître Israël.
L’homme doit reconnaître la Vérité.
Alors seulement peut apparaître quelque chose de nouveau :
une paix réelle
une unité authentique
une humanité réconciliée
Conclusion : La question reste ouverte...
La guerre n’est pas seulement politique.
Elle est intérieure.
Elle est spirituelle.
Elle est liée à notre refus de reconnaître ce qui est.
Alors, à la veille de Pessa’h, la vraie question n’est peut-être pas :
“Comment arrêter la guerre ?”
mais plutôt,
“Que refusons-nous encore de reconnaître ?”
Car c’est là — et seulement là — que commencera la Paix...