
LA GRANDEUR N'EST PAS DE NE PAS TOMBER
Nous croyons que le Juste est celui qui ne tombe pas.
Nous tentons de bâtir une vie protégée, une vie durant laquelle on évite les glissades, les descentes, les erreurs. Et il y a une valeur à cela. Je ne dis pas le contraire.
Mais ce n'est pas encore le cœur du travail.
Car tant que l'homme n'a pas connu la chute, il ne sait pas vraiment ce que vaut son attachement à Dieu. En haut, il est facile d'être en haut. La Lumière est là, les portes s'ouvrent, on se sent porté.
La vraie question commence ailleurs.
Que se passe-t-il quand il n'y a plus de lumière ? Quand on ne ressent plus rien, quand on n'a plus de réussite, quand on découvre, seul dans le creux de la nuit, ses propres contradictions, ses propres mensonges ?
C'est là que tout commence vraiment.
Rabbi Nathan disait un jour d'un de ses élèves qu'il était un grand serviteur de Dieu. Pourtant il lui lança ces mots, terribles dans leur douceur :
« Je n'ai pas de satisfaction de toi. Parce que je sais que si tu tombais, tu ne saurais pas te relever. »
Toute sa grandeur tenait au fait qu'il était debout. Mais était-il capable de servir Dieu à genoux ?...