Passer au contenu principal
« Vois, Je place devant vous aujourd’hui la bénédiction et la malédiction. »
(Devarim 11, 26)
Un appel traverse la Torah cette semaine :
Re’eh. Vois !
La Torah ne nous demande pas seulement de regarder. Elle nous invite à voir autrement.
Nous traversons souvent l’existence derrière les écrans de nos peurs, de nos habitudes, de nos blessures, de nos certitudes. Nous ne rencontrons plus toujours la réalité telle qu’elle se présente : nous rencontrons l’idée que nous nous en faisons.
Alors vient Re’eh :
Regarde encore.
Regarde plus loin.
Regarde derrière l’apparence.
Car la bénédiction est déjà « placée devant nous ». La question devient : sommes-nous encore capables de la reconnaître ?
Deux êtres peuvent traverser une même réalité et habiter intérieurement deux mondes différents. L’un ne voit que ce qui se ferme ; l’autre aperçoit aussi ce qui cherche à naître.
La réalité ne change pas toujours immédiatement.
Mais celui qui la regarde peut changer de place.
Et lorsqu’un être change de place intérieurement, quelque chose autour de lui commence aussi à se transformer.
Nous avançons depuis Tisha BeAv dans les sept semaines de consolation qui nous conduisent vers Roch Hachana. Bientôt viendra Elloul, le mois de la Teshouva.
Teshouva signifie d’abord retour.
Retour à soi.
Retour à l’essentiel.
Retour à ce lieu intérieur demeuré relié à la Source.
Ce retour demande moins de culpabilité que de lucidité, et surtout רחמים, Ra’hamim : compassion, tendresse, miséricorde.
La culpabilité enferme.
La conscience ouvre.
La Parasha Re’eh nous enseigne aussi le discernement : distinguer ce qui nourrit de ce qui encombre, ce qui élève de ce qui nous éloigne de nous-mêmes.
Tout ce qui attire ne nourrit pas.
Tout ce qui brille n’éclaire pas.
Ces semaines peuvent ainsi devenir un temps de Bina, de compréhension affinée.
Une seule question pourrait déjà nous accompagner :
Qu’est-ce que je veux maintenant faire grandir en moi ?
La Torah parle également de Tsedaka, de cette main qui refuse de rester fermée devant celui qui manque.
Ce n’est pas un hasard.
Voir véritablement conduit à ouvrir.
Ouvrir les yeux.
Ouvrir le cœur.
Ouvrir la main.
Et peu à peu, derrière la multiplicité du monde, entre le Tov et le Ra, le plaisir et la douleur, ce qui commence et ce qui s’achève, nous apprenons à pressentir l'
UN
אחד
EHAD
La Présence demeure, au-delà de ce que nos yeux immédiats peuvent saisir.
Peut-être est-ce cela que Re’eh nous demande en ce Shabbat :
Voir la blessure et chercher la réparation.
Voir la confusion et chercher le discernement.
Voir celui qui tombe et tendre la main.
Voir ce qui s’achève et reconnaître aussi ce qui cherche à naître.
Nous avons suffisamment de voix qui désespèrent.
Notre tâche est aussi d’inspirer.
Rappeler qu’une ouverture demeure possible.
Que la Lumière n’a pas disparu simplement parce que nous ne la voyons plus.
Alors, à l’approche d’Elloul et de Roch Hachana :
רְאֵה
VOIS !
Choisis de voir!
Choisis la Vie!
Choisis la Bénédiction!
Et toi aussi,
Deviens
Bénédiction pour le monde!
Shabbat Shalom!