Nitzavim 

Debout devant Dieu

« Vous vous tenez aujourd’hui, vous tous, devant l’Éternel votre Dieu. »

Nitzavim signifie : se tenir debout. Nous voici donc devant Dieu, comme en jugement. Chacun avec sa responsabilité, ses fautes, ses renoncements. Mais en ces jours de colère et de détresse, une autre pensée surgit : si nous sommes devant Dieu, Dieu aussi se tient face à nous.

Nous ne prétendons pas Le juger. Pourtant, comme les prophètes, comme Job, comme les Psaumes, nous avons le droit de L’interpeller :

Jusqu’à quand ?

Jusqu’à quand le peuple d’Israël devra-t-il subir la haine, les massacres, les accusations et l’abandon ? Jusqu’à quand devra-t-il prouver que ses morts sont morts, que ses otages ont été enlevés et que ceux qui proclament vouloir le détruire veulent réellement le détruire ?

L’islamisme est l’un des grands totalitarismes de notre époque. Il ne faut pas le confondre avec tous les musulmans, dont beaucoup sont eux-mêmes ses victimes. Mais cette distinction nécessaire ne doit plus servir à nier le danger. L’islamisme transforme Dieu en instrument de domination, sanctifie la violence et fait de la disparition d’Israël un projet politique et religieux.

Plus grave encore : des pays, des intellectuels, des militants et des médias deviennent ses idiots utiles. Ils croient défendre les opprimés et excusent les bourreaux. Ils parlent de liberté aux côtés de ceux qui la piétinent. Et lorsque le Juif refuse de mourir, ils font de lui l’accusé.

Israël demeure ainsi le peuple témoin : témoin de Dieu dans l’histoire, mais aussi témoin de Son silence. Il porte l’Alliance et reçoit les coups. Il proclame l’Unité tout en traversant, génération après génération, l’expérience de l’abandon.

Alors oui, en ce temps de Nitzavim, nous sommes debout devant Dieu. Mais nous Lui demandons également de Se tenir devant nous, de regarder ce monde devenu fou et de dévoiler ce qui s’y joue.

Dieu d’Israël, cela suffit.

Réveille les consciences.

Fais tomber les masques.

Montre aux nations ce qu’elles encouragent lorsqu’elles trouvent des excuses au fanatisme.

Et si nous-mêmes dormons encore, Réveille-nous aussi.

Car la prière ne remplace pas la responsabilité. Nous devons combattre l’islamisme sans haïr indistinctement les musulmans, défendre Israël sans diviniser ses gouvernants, et nommer le mal sans lui emprunter son visage.

Nitzavim nous demande de rester debout :

Devant Dieu,

Devant le monde,

Devant nos ennemis

Devant notre propre conscience.

Debout, sans nous excuser d’exister.

Debout, sans renoncer à notre humanité.

Debout, enfin, pour Choisir la Vie.